Origine et histoire du Musée du cinéma méditerranéen
Le château de la Buzine trouve ses origines au XVe siècle, lorsque le domaine appartenait à la famille Diodé. En 1457, Guillaume Cabofigue en acquiert une grande partie, et la partie sud est cédée à Guillaume Reynard, qui adopte le nom La Reynarde. Ce n’est qu’en 1667 qu’Henry de Buzens, écuyer marseillais, lui donne son nom actuel, La Buzine. Au XVIIIe siècle, le domaine est une bastide typique confisquée à la famille de Flotte pendant la Révolution, avant d’être reconstitué par une descendante sous le Premier Empire.
En 1865, l’architecte-entrepreneur Pierre-Hilaire Curtil achète le domaine, rase l’ancienne bastide et construit le château actuel dans un style éclectique inspiré de Viollet-le-Duc, entouré d’un parc de 40 hectares alimenté par le canal de Marseille. Le château passe ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires, dont Victor Régis (1869), Joseph-Théodore Mante (1883), et la famille Pallez, qui y ajoute une aile en 1903 et organise des fêtes durant la Belle Époque. En 1941, Marcel Pagnol, nostalgique de ses traversées enfantines vers La Treille, achète le domaine pour en faire une Cité du cinéma, mais la Seconde Guerre mondiale en décide autrement : réquisitionné par les Allemands, puis occupé par les FTP et l’armée française, le château se dégrade jusqu’à devenir insalubre.
Sauvé de la ruine en 1995 par la ville de Marseille, qui le rachète et le fait inscrire aux Monuments Historiques en 1997, le château est restauré entre 2006 et 2011. Il rouvre comme Maison des cinématographies de la Méditerranée, avec une salle de cinéma, un salon de musique restauré et une bibliothèque spécialisée. Géré par Nicolas Pagnol (petit-fils de Marcel) jusqu’en 2023, le site connaît un essor culturel avant que la municipalité ne mette fin à sa gestion. Malgré les doutes sur son lien exact avec les souvenirs de Pagnol, le château reste un symbole littéraire et cinématographique provençal.
Le domaine est aujourd’hui réduit à cinq hectares, entouré par le lotissement Parc des Sept Collines construit dans les années 1980. Son architecture mêle influences Louis XIII et romano-byzantines, tandis que son parc, autrefois planté d’essences rares, conserve des traces de ses bassins et fontaines d’origine. Le château est aussi connu pour avoir inspiré le film Le Château de ma mère (1990), bien que les scènes aient été tournées au château d’Astros, la Buzine étant alors en ruines.